samedi 31 janvier 2009

Balade n°59, Courteilles, rue Marchand Saillant… Bâtiment public ?

Les services sociaux du département de l'Orne et de l'Etat sont tous localisés à Courteilles.
Le bâtiment principal a bien l'allure qui sied à un bâtiment administratif avec ses deux ailes encadrant une entrée sous un auvent surmontée des drapeaux français et européens à l'occasion des grandes fêtes nationales.

Il pourrait être plaisant pour les habitants de Courteilles de s'y promener le dimanche, d'autant plus que les petits espaces verts du département sont très soignés…



Mais il se cache dans une impasse qui n'est accessible que par l'arrière, rue du Lieutenant Tirouflet, et que pendant les heures d'ouverture des bureaux par un escalier au bout du parking (lui-même fermé le soir et les week-ends)
Côté face, rue Marchand Saillant, une barrière métallique interdit l'accès dans les mêmes conditions. Seul, l'alignement des poubelles est là pour indiquer l'importance de l'activité de ce lieu.


Pourquoi tant de discrétion ?

mercredi 28 janvier 2009

Balade n°58, Zone franche, L'ancien Leclerc de Saint Paterne, Mémoires….

Alors que les travaux vont bon train pour offrir un petit paradis fiscal à des entreprises qui vont déplacer leur sièges sociaux de quelques centaines de mètres pour bénéficier des aides de l'Etat en zone franche, il est bon de rappeler la mémoire de ces lieux .

Le Leclerc de Saint Paterne a été fermé il y a une vingtaine d'année par M.Ducatel qui lançait le nouveau Leclerc d'Arçonnay sous le nom d'une nouvelle société. Le personnel n'a pas été transféré mais il a été licencié puis réembauché. Le bâtiment n'a pas été vendu, sans doute pour éviter l'implantation d'un concurrent.
En affaires il faut avoir de la patience et des moyens pour attendre assez longtemps de nouvelles opportunités. Après vingt ans, la zone franche est arrivée, redonnant de la valeur à cet espace à l'apparence abandonné.

Cette histoire est un bel exemple de l'absence de politique publique d'aménagement au niveau de l'agglomération. Tout se fait au gré des spéculations foncières diverses, sans souci des conséquences diverses pour les usagers : dispersions des zones d'activités tout autour d'Alençon, sans recherche de liens entre elles ni entre lieux d'habitat, travail, loisirs et sans souci du cadre de vie... Cette politique conduit à des villes sans âmes avec des transports privilégiant les voitures circulant sur des rocades et suppressions des zones naturelles.

Ceci est un des aspects de la mémoire de ces lieux.





Il y a un autre…
Cette friche industrielle a été utilisée pendant des années par des grapheurs du quartier de Perseigne qui ont trouvé là de quoi exprimer tout leur talent et ils n'en manquaient pas ! La plus grande partie des œuvres est partie dans les démolitions. Quelques -unes sont restées et, heureusement des photographes amateurs étaient passés par là. C'est le cas de Gilles Juhel qui va faire prochainement une exposition sur ce thème. Les photos sont visibles sur son blog à découvrir ici

dimanche 25 janvier 2009

Balade n°57 , Rénovation urbaine n°2, POURQUOI CE GASPILLAGE ?

Bilan total de la rue Lamartine
L'ANRU a prévu une dépense de 1 600 000 euros pour détruire 106 logements puis 2 600 000 euros pour en reconstruire 30. Perte sèche de 76 logements.

En ne détruisant pas les 90 logements restant de la rue Lamartine on pourrait économiser plus de 3 900 000 euros ! Ceci permettrait de conserver tous ces logements et de disposer de la coquette somme de 43 300 euros par logement (284 000 Francs) pour les remettre en état et les améliorer.

Pourquoi ce gaspillage ?
voici les justifications données par M.Viel et Mme Roimier lors du Conseil municipal du lundi 19 juin 2006 :

REQUALIFICATION URBAINE (page 19) "Monsieur Tollot (…) souhaiterait avoir des éclaircissements sur les points suivants du dispositif : - Qu'est-ce qui a motivé la démolition des ensembles situés rue Lamartine plutôt que leur réhabilitation ?

" S'agissant de la démolition des ensembles de la rue Lamartine, Monsieur Vielle indique que lorsque la délégation ANRU est venue sur le terrain, la collectivité a présenté son projet qui consistait à couper en deux le "Grand Lamartine" mais par expérience les délégués en ont dissuadé la collectivité car cela ne créait ni voirie, ni transparence sur l'avenue Général Leclerc en raison de la zone commerciale située juste en face.

De plus, il ajoute que les bâtiments présentent de telles insuffisances en matière d'isolation thermique et phonique, que cela conduit à prévoir la démolition. "


Notre Commentaire : L'accès direct à la maison de retraite des Tilleuls depuis le rond-point de l'avenue Kennedy amènera une circulation automobile bruyante et dangereuse dans une zone d'habitat. Cela se justifie d'autant moins que cette voie fait double emploi avec l'avenue de Générale Leclerc qui est loin d'être saturée.

Quant à la transparence, le projet initial prévoyait une ouverture au milieu de la grande barre de la rue Lamartine, ce qui était largement suffisant pour ouvrir vers la rue Victor Hugo. Le souci de "transparence" de l' ANRU est en fait un souci de sécurité policière pour l'accès des voitures de police.

Les insuffisances en matière d'isolation thermique et phonique sont exactement les mêmes que les logements de la rue Alfred de Musset, de la rue Flaubert, de la rue Chateaubriant, de la Place Descartes, Jeanne d'Arc, etc… qui seront réhabilités. "Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse de la rage…"

Ce dossier a été conduit au pas de charge avant les élections de façon à créer une situation de non-retour. Le permis de démolir a été délivré le 27 février 2007 par Alain Lambert, président de la Communauté urbaine, tout de suite après la signature de la Convention avec l'Anru.


..à suivre : dans une prochaine lettre nous parlerons de l'histoire particulière de cette rue, des autres démolitions prévues dans Perseigne, et des aspects tordus du financement des démolitions.

mercredi 21 janvier 2009

Balade n°56 Place de La Paix N O R M A L I S A T I O N

A Perseigne, dans les années 90 des artistes de grand talent ont fait de nombreux graphs qui ont contribué fortement à créer l'identité du quartier. C'est cette identité que refuse la politique de Rénovation Urbaine menée depuis 2005.
En décembre 2008, nous avions publié cette photo dans la Balade n°5 intitulée : "Œuvres d'art en périls" et une seconde fois, en février 2009, dans la Balade n°33 "Chefs d'œuvre en péril… (suite). Vous pouvez toujours retrouver ces deux balades ci-contre dans la rubrique Perseigne.





Nous avions raison de nous alarmer : voici ce qui vient d'être fait de l'un des repères les plus symboliques du quartier...


Que s'est-il passé entre ces deux photos ?
Pourquoi ce pignon a-t-il été repeint ?

mardi 6 janvier 2009

Balade n° 55, RÉNOVATION URBAINE : ARRETONS LE MASSACRE !

OU POURQUOI DÉTRUIRE DES IMMEUBLES EN BON ÉTAT ?

photo prise en février 2008
Lamartine, côté pair, n°10 et 12
La construction au pignon de l'immeuble abritait une salle de réunion pour les habitants (local collectif résidentiel).
photo prise le 29 novembre 2008
Coût de cette démolition,
277 500 euros pour 16 logements, soit :
17 344 euros par logement.

La reconstruction de logements sociaux dans la même rue est estimée à
86 616 euros/logement pour des logements de mêmes surfaces (80 m2).
[Source : Programme de Rénovation Urbaine ALENÇON, maquette financière, 23 octobre 2007]
Si on avait fait l'économie de cette destruction aberrante impliquant une reconstruction on aurait pu disposer d'un budget de 103 960 euros par logement pour les réhabiliter (681 000 francs !)
Largement de quoi améliorer leur isolation thermique et phonique et les équiper d'ascenseurs.
On va donc dépenser au total : 103 960 Euros pour déplacer une famille de quelques dizaines de mètres.
Combien paiera-t-elle de loyer ?
Devant ces chiffres, qui peut encore prétendre que les démolitions et reconstructions reviennent moins chères que les réhabilitations ?

Un peu plus loin, rue Alfred de Musset, le programme de rénovation urbaine a prévu de réhabiliter 25 logements qui sont strictement les mêmes que ceux de la rue Lamartine pour un coût de 14 240 euros pas logement
(93 400 F). Moins que le coût de démolition de la rue Lamartine.
..à suivre : Pourquoi ce gaspillage ?
et dans de prochaines lettres nous parlerons de l'histoire particulière de cette rue, des autres démolitions prévues dans Perseigne, et des aspects tordus du financement des démolitions.