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mardi 15 février 2011

Démolition de la rue Paul Claudel

Un gâchis payé par les locataires...


On s'apprête à démolir toute la rue Paul Claudel : 129 logements, tous réhabilités dans les années 1990 avec ajout de vérandas,de balcons et d'accès pour handicapés.
Dans les années 2000 toutes les les huisseries ont été changées.
Ces beaux immeubles, tout près du centre commercial et des écoles, avec des abords bien aménagés vont être broyés, rasés. Pourquoi ? Comment peut-on justifier un tel gâchis ?
Fin 2007, les derniers habitants de la rue Paul Claudel avaient dû faire une manifestation pour obtenir une réunion de concertation avec le directeur d'Orne Habitat et les élus de la ville. Ils avaient dénoncé l'absence d'entretien (rats dans les caves inoccupées, cafards...) et ils avaient dit leur volonté de garder leurs appartements.
En réponse, le directeur d'Orne Habitat a fait faire une opération de dératisation et de destruction de cafards mais il leur a confirmé que leurs logements seraient bien détruits. Dans les jours qui ont suivi, il a envoyé des conseillères sociales pour inciter les derniers locataires à déménager plus vite.
Les locataires n'ont pas compris pourquoi Orne Habitat voulait détruire leurs immeubles pour en reconstruire d'autres. Certes, leurs appartements pouvaient être améliorés, mais de là à les démolir !
Pour les aider à partir, les agents des HLM leur ont dit qu'ils seraient prioritaires pour occuper les nouveaux logements, mais quand ? à quel prix ? Les réponses sont restées vagues.
Ce qu'on ne leur pas dit, c'est combien tout cela allait coûter et qui payerait.

Combien ça coûte ?
Pour démolir ces 129 logements Orne Habitat va dépenser 1 350 000 euros
Pour reconstruire 60 logements à cet emplacement il va dépenser 5 360 000 euros
Coût total de l'opération Orne Habitat : 6 710 000 euros
Chaque nouveau logement construit coûtera donc en moyenne : 112 000 €.
A titre de comparaison, la réhabilitation d'un appartement de l'immeuble de la rue Alfred de Musset (même type de construction que les anciens de la rue Paul Claudel) coûtera 14 240 € .
Mais cela, on ne l'a pas dit aux locataires qui voulaient rester dans leurs appartements !
On ne peut savoir tout cela qu'en lisant la « maquette financière » annexée à la Convention ANRU votée par la ville en novembre 2007 et par la communauté urbaine en janvier 2008. Les chiffres ci-dessus sont tous tirés de ce document.
Mais qui l'a lu ? Qui l'a analysé ? Qui l'a compris ?
Pour cela il aurait fallu que cette maquette financière soit diffusée et expliquée... mais elle est restée dans les dossiers des élus ou dans les bureaux de l'ANRU et des directions des HLM.
Si tout le monde l'avait bien lue et bien comprise, aucun nouvel élu du PS n'aurait pas pu dire en 2008 : « Cette Convention est une occasion à ne pas manquer. On ne peut passer à côté de 84 millions d'investissements ! La réalité c'est que la moitié de ces investissements sont payés par les organismes de logements sociaux. Mais revenons à la rue Paul Claudel...

Qui paye ?
Nous avons vu qu'à la place des immeubles détruits, Orne Habitat veut construire 5 immeubles de deux étages, soit 60 logements au total. Cela coûtera 5 millions 360 000 euros
La ville paiera 150 000 euros
Le conseil général 300 000 euros
L'ANRU 650 000 euros
Il restera donc à payer 4 millions 300 000 euros
Si on récapitule : la ville paye 3 %
le conseil général 6 %
l'ANRU 12 %
et les locataires 79 % !!!
Ce ne sont pas les subventions de l'Etat !
Pour cela Orne Habitat devra emprunter 3 Millions 900 000 euros qu'il faudra rembourser avec les intérêts. Comment ?
Avec l'argent des locataires, puisque plus de 90 % de ses ressources proviennent des loyers ! Ce sont donc tous les locataires d'Orne Habitat qui paieront 400 à 500 euros en moyenne pour la seule opération de la rue Paul Claudel.
Il n'y aurait rien à redire si c'était pour mieux loger les locataires aux revenus modestes pour lesquels les HLM ont été inventés mais ce n'est pas le cas !
Une opération dont les locataires les plus modestes ne profitent pas...
Au nom de la mixité sociale, les nouveaux logements seront d'un standing supérieur aux appartements démolis, donc inaccessibles aux plus pauvres, sauf pour quelques cas particuliers..
... mais dont ils payent le déficit !
De plus, avec un prix de revient de 112 000€, ces nouveaux programmes ne sont pas autofinancés. Si c'était le cas les loyers seraient tels qu'ils ne pourraient même pas être loués à des classes moyennes. Ils ne pourront l'être que parce que les HLM vont aller puiser des ressources dans les bénéfices de leurs programmes anciens, déjà amortis. En clair, les loyers des locataires des immeubles anciens, occupés le plus souvent par les locataires les plus modestes, financent en partie les nouvelles constructions. Les plus pauvres payent pour les plus riches, mais on ne leur demande pas leur avis !
Ainsi donc, à Alençon est continuée une politique de rénovation urbaine lancée par l'ancienne majorité municipale. Il est regrettable que l'actuelle municipalité PS se soit inclinée face au pouvoir technocratique de l'ANRU.
Il est tout aussi regrettable que les «milieux militants » soient restés trop souvent éloignés de ces sujets. Ainsi, les mêmes discours officiels peuvent continuer de se répandre, affirmant que les démolitions-reconstructions sont la seule solution.
Pourtant, il était possible de faire autrement en renégociant la Convention de Rénovation urbaine avec l'ANRU et les HLM. Pour un coût infiniment moins important on pouvait garder les locataires sur place et réhabiliter leurs logements. A Alençon la rue Lamartine, malheureusement abandonnée par ses gestionnaires et détruite par l'ANRU en était un exemple.
La rue Jules Védrines, à Courteilles, en est un autre, toujours habitée depuis plus de 20 ans. Vous pouvez en trouver d'autres en consultant ce blog.

vendredi 23 octobre 2009

Alternatives...

Rénovation urbaine
Au lieu de démolir les immeubles ou de les repeindre en gris comme aux temps des ZUP, on pourrait faire autre chose
On a déjà fait autrement à Alençon !

Rue Flaubert 1983




Place Jeanne d'Arc
détruit en 2009


Rue Lamartine
destruction programmée en 2010

jeudi 22 octobre 2009

Rénovation urbaine 4 : On peut faire autrement !




Améliorer la vie des personnes âgées de la Résidence " Les Pastels "

Sur la gauche : la Résidence les Pastels 1, rue Alfred de Musset, avec son jardin
A droite: la rue Lamartine bordée d'arbres, réhabilitée en 1983
La résidence les Pastels (que tous les Alençonnais connaissent mieux sous le nom " des Tilleuls ") est surpeuplée et a besoin d'annexes,

Pourquoi ne pas adapter les logements des rues Lamartine et Alfred de Musset pour en faire des logements protégés pour personnes âgées en attente d'aller en résidence ?
Pourquoi ne pas faire des logements d'accueil pour les familles qui viennent visiter leurs familles et amis hospitalisés ?


C'est tout simple !
Trop simple, sans doute, pour les initiateurs de la rénovation urbaine qui ont décidé de détruire et de reconstruire des logements en accession à la propriété qui coûtent cinq fois plus cher qu'une bonne réhabilitation...
Qui leur fera entendre raison ?
Rien n'est irréversible
Qu'en pensent nos élus ?

vendredi 9 octobre 2009

Rénovations : Oui, on peut faire autrement !

Dans la foulée de notre "Atelier citoyen " du 25 avril 2009, " Une autre rénovation urbaine est-elle possible à Alençon ? "


Quelques alternatives :
Décors...





A Champhol, près de Chartres, 4 femmes ont décoré 4 immeubles HLM en 4 mois chacune.
A voir en cliquant sur ce lien
http://alzaz.over-blog.com/article-30971074.html


Pendant ce temps-là, à Alençon, dans le quartier de Perseigne, on efface les fresques sur les pignons d'immeubles, on veut démolir la maison de quartier et ce qui qui reste du Collège village de Lucien Kroll connu du monde entier...
et l'office HLM Orne Habitat repeint tout en gris !
Immeuble restauré en 2009, place Jeanne d'Arc à Perseigne Alençon
voir les Balades n°54 et 56 à droite
Jusqu'où ira la normalisation ?

Une initiative originale saluée par France Inter

La Caravane d'Or et le Centre Paul Gauguin


Ecoutez l'interview de Lysiane Urhing, directrice du centre Paul Gauguin sur des images de Michel Alègre de l'Asso-play, en cliquant ici :
http://www.dailymotion.com/video/xag8px_interview-france-inter-asso-play_webcam
Découvrez comment les paroles des habitants s'expriment, s'écrivent et se transforment en oeuvres d'art... en utilisant une caravane comme salle de spectacle
et comment on relie le social et le culturel,
les quartiers et la ville et bien au-delà
Cette initiative originale a été récompensée par le prix " Réinventer la ville " du Conseil Régional.

samedi 30 mai 2009

AGENDA 21 ET ANRU : Vous avez dit durable ?…

La ville d'Alençon met actuellement en place un AGENDA 21. Un colloque européen sur le développement durable doit s'y tenir prochainement. On peut donc penser que ce sujet est pris très au sérieux par la collectivité et qu'elle a l'intention de le traiter correctement.

Il nous semble que le développement durable doit concerner tous les secteurs d'activité de la société. Or, le projet de rénovation urbaine tel qu'il a été conçu par l'ancienne municipalité, avec destruction massive d'immeubles en bon état, est en contradiction évidente avec une politique de développement durable cohérente.

L'ANRU s'inscrit dans le cycle " destruction/ création " de marchandises sans se poser la question de son bien fondé et de l'impact global sur notre planète ?

Même en acceptant l'idée de rénovation urbaine. Qu'en est-il de la qualité des reconstructions ? Quel sera l'écart entre la qualité de celles-ci et les normes "haute qualité environnementale ?" à découvrir sur ce lien et dont les 14 principes sont présentés ci-dessous :

MAITRISER LES IMPACTS SUR L’ENVIRONNEMENT EXTERIEUR

ECO-CONSTRUCTION

1. Relations des bâtiments avec leur environnement immédiat
2. Choix intégré des procédés et produits de construction
3. Chantier à faibles nuisances

ECO-GESTION

4. Gestion de l’énergie
5. Gestion de l’eau
6. Gestion des déchets d’activité
7. Gestion de l’entretien et de la maintenance

CREER.UN.ENVIRONNEMENT INTERIEUR SATISFAISANT

CONFORT

8. Confort hygrothermique
9. Confort acoustique
10. Confort visuel
11. Confort olfactif

SANTE

12. Qualité sanitaire des espaces
13. Qualité sanitaire de l’air
14. Qualité sanitaire de l’eau


Il serait intéressant de connaître l'avis de l'actuelle municipalité sur ce sujet

Et si le collège Louise Michel récupérait son cartable ?…

Ici du temps du collège ouvert









Le temps presse !


Il est en train de pourrir au coin du parking du Parc Elan

vendredi 22 mai 2009

Rue Lamartine : c'est fini

Pour voir la destruction de la rue lamartine




Pour voir l’immeuble avant sa destruction, allez voir la balade n°55
Pour voir la rue Georges Sand qui sera détruite cette semaine, voir la balade n°3

lundi 18 mai 2009

L’indignation d’un architecte

« Ce serait une perte irremplaçable pour l’histoire du logement social en France … »

"Revenant de trois semaines d'absence, je prends connaissance en détail de votre mail et je me dois d'ajouter que la destruction des bâtiments de Lucien Kroll serait une perte irremplaçable pour l'histoire du logement social en France. Enseignant chercheur honoraire, membre du laboratoire Architecture Usage et Altérité (LAUA) à l'école nationale supérieure d'architecture de Nantes, nous avions organisé un voyage étudiant à Alençon pour prendre connaissance de ce merveilleux ensemble architectural, après un voyage à Vienne, sur le même thème du logement social, et la visite, en particulier, des constructions de Hundertwasser.

J'espère donc de tout cœur que ces destructions ne se feront pas, non seulement parce que ces bâtiments font partie d'un patrimoine à sauvegarder, mais aussi parce ces destructions sont inacceptables dans leur principe et parce que, malgré les promesses des pouvoirs publics, jamais, dans aucune de ces opérations, le nombre de logements détruits n'a été remplacé par un nombre égal de logements sociaux équivalents.

Ces destructions sont un scandale sans équivalent dans l'histoire du logement social. d'autant plus scandaleux que rien n'empêche de les réhabiliter pour les mettre aux normes du logement durable."

Olivier Tric
architecte dplg
docteur en architecture.

Mixité sociale ?

Au cours de notre forum du samedi 25 mai, nous avons vu que la destruction du 10-12 rue Lamartine redonne automatiquement plus de valeur aux immeubles en propriété situés derrière. La destruction du reste de la rue programmée par l'ANRU finira l'opération de « revalorisation » de cette partie du quartier. En effet, la SAGIM prévoit de reconstruire 30 logements de un étage bénéficiant de prêts PLUS, c'est à dire accessibles à des revenus nettement plus importants que ceux des anciens habitants qui ont été dispersés on ne sait où...

Où est la mixité sociale dans ce programme qui tend à regrouper les habitants selon leurs revenus ?

Cette politique de restructuration du quartier est justifiée dans le préambule la Convention ANRU à la page 6, dans le paragraphe « Améliorer l'attractivité du quartier en diversifiant et en requalifiant l'offre d'habitat » :
… il s'agit bien évidemment d'améliorer rapidement les conditions de vie des habitants (réhabilitation des logements et des parties communes, opérations de résidentialisation, améliorations de la gestion du quartier, de son entretien...),
il convient également de concilier une vision à plus long terme permettant à Perseigne de s'inscrire durablement dans un processus d'évolution plus équilibré … Il s’agit de diversifier les formes et les statuts d'habitat ce qui passe notamment par la démolition d’une partie des logements sociaux ainsi que par la restructuration foncière de certains secteurs.

vendredi 1 mai 2009

1er MAI L'argent des salariés ne doit pas servir à détruire les logements sociaux !

En 1953, l'Etat, calquant le système inventé 10 ans auparavant par "La Lainière de Roubaix" pour loger ses employés, décide que les entreprises de plus de 10 salariés devront verser 1% du montant de leur masse salariale pour financer le logement social aux CIL
Même si ce taux a été ramené à 0,46 %, les sommes collectées sont considérables 1,285 milliard d'euros versés aux CIL en 2003.
Une première moitié des sommes recueillies va directement au Fonds national d'aide au logement (FNAL) qui finance les aides à la personne (principalement APL),
L'autre moitié est collectée par les comités interprofessionnels du logement (CIL) et finance le logement, mais pas uniquement social.
Le capital des CIL est si important qu'il est l'objet de sévères ponctions par l'Etat pour abonder directement son budget (jusqu'à 1 milliard d'euros par an!), et pour financer les initiatives des Ministres du Logement, par exemple : des prêt à taux zéro, les politiques de réhabilitation des cités HLM...
Tout récemment une nouvelle ponction du 1% a été effectuée par Jean-Louis Borloo pour alimenter l'ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine) chargée du Plan de rénovation urbaine des quartiers défavorisés jusqu'en 2011.
En pleine crise économique ce plan prévoit de raser 250 000 logements sociaux d'en reconstruire autant (mais ce n'est pas respecté) et d'en réhabiliter 400 000.
L'ANRU finance en priorité les destructions... avec l'argent des salariés !


Des centaines de millions d'euros collectés sur les salaires pour financer à l'origine des logements neufs sont utilisés à la destruction de logements sociaux
9 millions d'euros, rien qu'à Alençon pour détruire 693 logements dans le quartier de Perseigne et de Courteille !

COMME ICI CETTE SEMAINE RUE LAMARTINE
ARRETONS LE MASSACRE !
Place Publique Alençon

mercredi 15 avril 2009

Une autre rénovation urbaine est-elle possible à Alençon ?

Pour répondre à cette question, Place Publique organise le samedi 25 avril prochain,
un Atelier de Réflexion Citoyenne et souhaiterait votre participation à cette démarche.
A Alençon, on ne démolit pas que des logements !”
...“ Cela se passe à notre porte et peu d'habitants du pays d'Alençon en ont mesuré l'ampleur : des dizaines de familles, des centaines de personnes, sont déplacées dans des conditions intolérables suite à la démolition de rues entières comme les rues Guynemer, Lamartine et Paul Claudel ”.
Au nom de la rénovation urbaine et de la re-dynamisation des quartiers, ce sont 696 logements au final qui vont être détruits sur les quartiers de Perseigne et Courteille. Cela représente plus de familles que n'en comptent la plupart des communes rurales de l'Orne.
Imaginerait-on de déplacer tous les habitants de Cuissai, de Pacé, de Saint-Céneri et de démolir leurs logements parce qu’ils ne répondraient ni aux normes actuelles ni à une esthétique prônée par des décideurs ? Et de le faire sans qu'ils puissent donner leur avis ?”
(Lettre adressée à tous les candidats aux municipales en Février 2008 par Place Publique )

La Convention ANRU a été conçue et lancée par l'ancienne municipalité. Par timidité ou du fait de valeurs partiellement partagées, l'actuelle majorité municipale en assure la continuité.

Est-ce acceptable ? Est-ce réaliste ?
Au-delà des drames sociaux et de l'insécurité engendrée par le déplacement des familles, la crise mondiale et le Grenelle de l'environnement nous obligent à nous poser d'autres questions :
- Est-il souhaitable de réduire l'offre de logements sociaux en cette période de crise ?
- Est-il acceptable que les loyers et les charges des locataires augmentent et que l'on incite des familles modestes à s'endetter avec des accessions à la propriété à hauts risques ? Quel est le rôle des promoteurs privés, des banques et des lobbies du bâtiment, dans cette politique ?
- Comment prend-t-on en compte les problèmes écologiques ?
- Comment les habitants peuvent-ils reprendre l'initiative ?

Tous les Alençonnais sont concernés par ces problèmes, car tous payent pour cette politique urbaine : par leurs impôts locaux, par leurs salaires (L'ANRU est financé par le 0,46 % logement prélevé sur tous les salaires). Les locataires payent trois fois : par leurs impôts, par leurs salaires et par leurs loyers !

Cela mérite qu'on s'y arrête un instant pour comprendre et changer ce qui peut encore l'être !
L'augmentation dramatique du chômage dans les quartiers et les récents évènements survenus à Perseigne et Courteille (12 voitures brûlées à Perseigne et 21 à Courteilles) nous en rappellent l'urgence.


Lieu : salle de la Place de la Paix à Perseigne samedi 25 Avril de 9h00 à 18h00
Entrée libre et gratuite, expos permanentes
Témoins d'expériences : Jacques Caron, association de locataires de la Madeleine à Évreux, ancien élu municipal de cette ville, à l'origine d'une proposition alternative à la Convention Anru d'Evreux.
et Kaïssa Titouss, de la Coordination nationale Anti-démolition des quartiers populaires

Programme de la journée
Trois temps : deux de travail et un de convivialité
Premier temps de travail : la matinée – Appréhension du problème
Présentation du projet de rénovation urbaine à Alençon et de l'ANRU : les objectifs annoncés, les actions réelles, les acteurs locaux et nationaux...
Travail en ateliers par petits groupes pour analyser les raisons de cette politique et ses conséquences pour les habitants des quartiers et tous les Alençonnais. “La participation des habitants ”, “Les jeux des promoteurs (organismes sociaux et privés)”, “Rénovations, transformations, évolutions...”

Un temps de convivialité : déjeuner en commun, chacun apporte quelque chose PLP fournit le pain et les boissons

Deuxième temps de travail – l'après-midi : approfondissement du problème.
selon les demandes des participants : visites dans le quartier de Perseigne et poursuite des ateliers
et, pour clore la journée :
Table ronde générale pour approfondir les problèmes et identifier des pistes d'action possibles
avec la participation de Jacques Caron et Kaissa Titous

samedi 11 avril 2009

Balade n°62, Rénovation urbaine 3, l'histoire particulière de la rue lamartine

Petit retour en arrière...
En 1974, les habitants de la ZUP de Perseigne avait mené une lutte importante pour préserver leurs espaces verts. Cette lutte avait largement favorisé la victoire de la gauche en 1977. Arrivés au pouvoir, les élus PS, PC et PSU ont engagé des actions importantes de réaménagement du quartier avec la volonté clairement affichée de permettre aux habitants de maîtriser leur cadre de vie.
En matière de logement, la volonté des nouveaux élus était de remodeler les immeubles standardisés de la ZUP de sorte d'offrir une autre image des habitants de Perseigne, tous différents et riches de cultures multiples. Pour montrer aux habitants que cela était possible, ils ont demandé à l'architecte Lucien Kroll de réhabiliter 9 logements vacants avenue Kennedy pour y créer des bureaux et quelques extensions dans le reste de la "barre" à la demande d'habitants volontaires (vérandas, extensions de cuisine...)

Dans un deuxième temps les deux rues voisines ont été réhabitlités entièrement. La démarche, résolument participative, impliquait que chaque locataire pouvait choisir l'aménagement qu'il souhaitait. Malgré une enveloppe limitée à 75 000 F (11 400 euros) par logement, chacun avait le choix entre une véranda, un balcon couvert, ouvert ou fermé, un agrandissement de cuisine, cellier ou une loggia... Il pouvait aussi ne demander que des aménagements intérieurs : sols, revêtements, peintures. Beaucoup de locataires ont choisi des vérandas pour capter un peu plus le soleil et y installer leurs jardins d'hiver.
C'est une des très rares réhabilitations où les souhaits précis des locataires ont déterminé la nouvelle forme de l'immeuble et non le seul crayon de l'architecte. C'est pour cette raison que la rue Lamartine est connue les écoles d'architecture du monde entier
La ville d'Alençon a été lauréate du Palmarès de l'Habitat en 1986 pour cette réalisation.
Cette notoriété n'a pas empêché l'ANRU d'en proposer la démolition sous prétexte de son mauvais état d'entretien (aucune peinture n'a été refaite en 25 ans...) et pour ouvrir le quartier... Puis lors du Conseil de la Communauté Urbaine de décembre 2007, les élus de la majorité (de droite, à l'époque) ont décidé de démolir tous les immeubles de la rue Lamartine. Elle a déjà été vidée de plus de la moitié de ses locataires.
Cette rue est la preuve concrète qu'il est possible de réhabiliter avec les habitants, mais l'ANRU prèfère démolir... et s'acharne jusqu'à vouloir faire disparaître les témoins d'une véritable architecture participative.
Face à cela, pour l'instant, les nouveaux élus font profil bas et ne communiquent pas.
Ont-ils oublié qu'il s’agit d'une réalisation phare de la dernière municipalité de gauche à Alençon ?
Ou, le sachant, l'ont-ils reniée ?

Comment arrêter le massacre annoncé ?

mercredi 28 janvier 2009

Balade n°58, Zone franche, L'ancien Leclerc de Saint Paterne, Mémoires….

Alors que les travaux vont bon train pour offrir un petit paradis fiscal à des entreprises qui vont déplacer leur sièges sociaux de quelques centaines de mètres pour bénéficier des aides de l'Etat en zone franche, il est bon de rappeler la mémoire de ces lieux .

Le Leclerc de Saint Paterne a été fermé il y a une vingtaine d'année par M.Ducatel qui lançait le nouveau Leclerc d'Arçonnay sous le nom d'une nouvelle société. Le personnel n'a pas été transféré mais il a été licencié puis réembauché. Le bâtiment n'a pas été vendu, sans doute pour éviter l'implantation d'un concurrent.
En affaires il faut avoir de la patience et des moyens pour attendre assez longtemps de nouvelles opportunités. Après vingt ans, la zone franche est arrivée, redonnant de la valeur à cet espace à l'apparence abandonné.

Cette histoire est un bel exemple de l'absence de politique publique d'aménagement au niveau de l'agglomération. Tout se fait au gré des spéculations foncières diverses, sans souci des conséquences diverses pour les usagers : dispersions des zones d'activités tout autour d'Alençon, sans recherche de liens entre elles ni entre lieux d'habitat, travail, loisirs et sans souci du cadre de vie... Cette politique conduit à des villes sans âmes avec des transports privilégiant les voitures circulant sur des rocades et suppressions des zones naturelles.

Ceci est un des aspects de la mémoire de ces lieux.





Il y a un autre…
Cette friche industrielle a été utilisée pendant des années par des grapheurs du quartier de Perseigne qui ont trouvé là de quoi exprimer tout leur talent et ils n'en manquaient pas ! La plus grande partie des œuvres est partie dans les démolitions. Quelques -unes sont restées et, heureusement des photographes amateurs étaient passés par là. C'est le cas de Gilles Juhel qui va faire prochainement une exposition sur ce thème. Les photos sont visibles sur son blog à découvrir ici

dimanche 25 janvier 2009

Balade n°57 , Rénovation urbaine n°2, POURQUOI CE GASPILLAGE ?

Bilan total de la rue Lamartine
L'ANRU a prévu une dépense de 1 600 000 euros pour détruire 106 logements puis 2 600 000 euros pour en reconstruire 30. Perte sèche de 76 logements.

En ne détruisant pas les 90 logements restant de la rue Lamartine on pourrait économiser plus de 3 900 000 euros ! Ceci permettrait de conserver tous ces logements et de disposer de la coquette somme de 43 300 euros par logement (284 000 Francs) pour les remettre en état et les améliorer.

Pourquoi ce gaspillage ?
voici les justifications données par M.Viel et Mme Roimier lors du Conseil municipal du lundi 19 juin 2006 :

REQUALIFICATION URBAINE (page 19) "Monsieur Tollot (…) souhaiterait avoir des éclaircissements sur les points suivants du dispositif : - Qu'est-ce qui a motivé la démolition des ensembles situés rue Lamartine plutôt que leur réhabilitation ?

" S'agissant de la démolition des ensembles de la rue Lamartine, Monsieur Vielle indique que lorsque la délégation ANRU est venue sur le terrain, la collectivité a présenté son projet qui consistait à couper en deux le "Grand Lamartine" mais par expérience les délégués en ont dissuadé la collectivité car cela ne créait ni voirie, ni transparence sur l'avenue Général Leclerc en raison de la zone commerciale située juste en face.

De plus, il ajoute que les bâtiments présentent de telles insuffisances en matière d'isolation thermique et phonique, que cela conduit à prévoir la démolition. "


Notre Commentaire : L'accès direct à la maison de retraite des Tilleuls depuis le rond-point de l'avenue Kennedy amènera une circulation automobile bruyante et dangereuse dans une zone d'habitat. Cela se justifie d'autant moins que cette voie fait double emploi avec l'avenue de Générale Leclerc qui est loin d'être saturée.

Quant à la transparence, le projet initial prévoyait une ouverture au milieu de la grande barre de la rue Lamartine, ce qui était largement suffisant pour ouvrir vers la rue Victor Hugo. Le souci de "transparence" de l' ANRU est en fait un souci de sécurité policière pour l'accès des voitures de police.

Les insuffisances en matière d'isolation thermique et phonique sont exactement les mêmes que les logements de la rue Alfred de Musset, de la rue Flaubert, de la rue Chateaubriant, de la Place Descartes, Jeanne d'Arc, etc… qui seront réhabilités. "Quand on veut se débarrasser de son chien, on l'accuse de la rage…"

Ce dossier a été conduit au pas de charge avant les élections de façon à créer une situation de non-retour. Le permis de démolir a été délivré le 27 février 2007 par Alain Lambert, président de la Communauté urbaine, tout de suite après la signature de la Convention avec l'Anru.


..à suivre : dans une prochaine lettre nous parlerons de l'histoire particulière de cette rue, des autres démolitions prévues dans Perseigne, et des aspects tordus du financement des démolitions.

mercredi 21 janvier 2009

Balade n°56 Place de La Paix N O R M A L I S A T I O N

A Perseigne, dans les années 90 des artistes de grand talent ont fait de nombreux graphs qui ont contribué fortement à créer l'identité du quartier. C'est cette identité que refuse la politique de Rénovation Urbaine menée depuis 2005.
En décembre 2008, nous avions publié cette photo dans la Balade n°5 intitulée : "Œuvres d'art en périls" et une seconde fois, en février 2009, dans la Balade n°33 "Chefs d'œuvre en péril… (suite). Vous pouvez toujours retrouver ces deux balades ci-contre dans la rubrique Perseigne.





Nous avions raison de nous alarmer : voici ce qui vient d'être fait de l'un des repères les plus symboliques du quartier...


Que s'est-il passé entre ces deux photos ?
Pourquoi ce pignon a-t-il été repeint ?

mardi 6 janvier 2009

Balade n° 55, RÉNOVATION URBAINE : ARRETONS LE MASSACRE !

OU POURQUOI DÉTRUIRE DES IMMEUBLES EN BON ÉTAT ?

photo prise en février 2008
Lamartine, côté pair, n°10 et 12
La construction au pignon de l'immeuble abritait une salle de réunion pour les habitants (local collectif résidentiel).
photo prise le 29 novembre 2008
Coût de cette démolition,
277 500 euros pour 16 logements, soit :
17 344 euros par logement.

La reconstruction de logements sociaux dans la même rue est estimée à
86 616 euros/logement pour des logements de mêmes surfaces (80 m2).
[Source : Programme de Rénovation Urbaine ALENÇON, maquette financière, 23 octobre 2007]
Si on avait fait l'économie de cette destruction aberrante impliquant une reconstruction on aurait pu disposer d'un budget de 103 960 euros par logement pour les réhabiliter (681 000 francs !)
Largement de quoi améliorer leur isolation thermique et phonique et les équiper d'ascenseurs.
On va donc dépenser au total : 103 960 Euros pour déplacer une famille de quelques dizaines de mètres.
Combien paiera-t-elle de loyer ?
Devant ces chiffres, qui peut encore prétendre que les démolitions et reconstructions reviennent moins chères que les réhabilitations ?

Un peu plus loin, rue Alfred de Musset, le programme de rénovation urbaine a prévu de réhabiliter 25 logements qui sont strictement les mêmes que ceux de la rue Lamartine pour un coût de 14 240 euros pas logement
(93 400 F). Moins que le coût de démolition de la rue Lamartine.
..à suivre : Pourquoi ce gaspillage ?
et dans de prochaines lettres nous parlerons de l'histoire particulière de cette rue, des autres démolitions prévues dans Perseigne, et des aspects tordus du financement des démolitions.

mercredi 3 décembre 2008

Balade n°54, Perseigne, N O R M A L I S A T I O N

Dans les années 90,l'Office départemental de HLM avait encore le souci de personnaliser les immeubles de Perseigne et de faire plaisir à ses locataires.

Cette fresque des années 90 en était un bel exemple. Une belle image d'accueil dont tous les habitants étaient fiers
A quelques mètres de la Place Descartes, à l'approche du cœur du quartier, les visiteurs découvraient cette porte entr'ouverte au travers du feuillage d'un bel arbre de 40 ans.…
Elle est maintenant recouverte d'un bardage d'isolation d'un gris uniforme digne des années 60











A l'arrière du bâtiment, ce balcon et ce cellier accrochés à la façade ont été jetés dans la benne à ordures

















Aucun plan, aucune image de ces travaux n'ont été présentés aux habitants. La dernière réunion d'information remonte à un an et ne concernait que la rue Paul Claudel.

dimanche 30 novembre 2008

Balade n°53, Noël à Perseigne…

Au coin de la rue Lamartine que l'ANRU veut démolir, un locataire a accroché ses illuminations de Noël comme il le fait chaque année…

…Un plaisir des yeux pour les nuits d'hiver des pensionnaires de la Maison de retraite toute proche et les habitants de Perseigne qui rentrent dans le quartier par cette rue.

Ses guirlandes trouvent naturellement place sur le balcon et le toit de l'avancée de la cuisine du voisin.





Où pourrait-t-il les accrocher s'il devait habiter un immeuble récemment rénové comme celui-ci ?